Fondation Grousset.
La Fondation Grousset œuvre à la valorisation et à la transmission du patrimoine industriel unique des Établissements Grousset, entreprise française qui fut leader mondial de l’écrou.

Une aventure industrielle commencée en 1904 avant de devenir leader mondial de l’écrou
Grousset — Un siècle de savoir-faire industriel
Fondée en 1904 à Firminy, l’entreprise Grousset accompagne dès ses débuts l’essor d’une industrie alors en pleine révolution : l’automobile. Elle développe progressivement un savoir-faire qui fera sa renommée et deviendra sa grande spécialité : la fabrication d’écrous.
De la transformation du métal brut jusqu’à l’écrou fini, Grousset fait le choix de maîtriser l’ensemble de son processus de fabrication. Cette maîtrise industrielle, associée à une recherche constante de précision, de qualité et de productivité, devient l’une des forces de l’entreprise.
Implantée à partir de 1919 à Saint-Just-sur-Loire, aujourd’hui Saint-Just-Saint-Rambert, Grousset prend une nouvelle dimension. Génération après génération, l’entreprise participe pendant près d’un siècle à l’histoire industrielle locale et française, tout en développant une présence internationale.
À son apogée, ses productions sont expédiées vers les grands centres industriels en France comme à l’étranger. De Saint-Just-sur-Loire au reste du monde, Grousset porte ainsi un savoir-faire industriel français qui lui permettra de s’imposer comme une référence mondiale de la fabrication d’écrous.
La grande originalité de l’usine Grousset, c’est de s’être spécialisée dans la fabrication d’une des pièces de mécanique les plus simples et, cependant, l’une des plus universellement utilisées : l’écrou 6 pans. Et le grand mérite de cette entreprise fut de pousser à l’extrême les conséquences de cette spécialisation.

Automobile Grousset crée par l’entreprise Grousset & Fils à Firminy faisant de Grousset un pionnier de l’automobile.
Plus de 90 ans d’histoire industrielle et familiale
1904 — Les origines
C’est à Firminy, dans la Loire, boulevard Fayol, que débute au tout début du XXᵉ siècle l’aventure industrielle de la famille Grousset.
Paul Grousset et son fils Jacques y fondent un atelier de constructions mécaniques sous le nom de Grousset et Fils. Ingénieur diplômé de l’École des Arts et Métiers de Châlons, Jacques Grousset se distingue rapidement par son esprit novateur et sa vision de l’industrie.
À une époque où l’essor de l’automobile ouvre de nouvelles perspectives, l’entreprise développe progressivement son savoir-faire dans le travail du métal et la construction mécanique. Jacques Grousset comprend très tôt l’intérêt de la spécialisation industrielle et porte une attention particulière à une pièce mécanique appelée à devenir indissociable du nom Grousset : l’écrou.
Cette orientation marque le commencement d’une aventure industrielle qui conduira, quelques décennies plus tard, les établissements Grousset à devenir l’un des grands spécialistes de l’écrou et une référence mondiale dans ce domaine.

1919— Saint-Just-sur-Loire
En 1919, une nouvelle étape décisive s’ouvre dans l’histoire de Grousset. À la recherche de terrains plus vastes et d’un site mieux adapté au développement de son activité, Jacques Grousset quitte Firminy pour installer l’entreprise à Saint-Just-sur-Loire.
Le choix du site répond à une nécessité industrielle : disposer de davantage d’espace, mais aussi bénéficier de la proximité du chemin de fer, indispensable à l’acheminement des matières premières par wagons.
Grousset abandonne progressivement ses autres fabrications pour se consacrer exclusivement à ce qui deviendra sa spécialité : la production d’écrous. L’usine de Saint-Just-sur-Loire devient alors le cœur d’une aventure industrielle qui marquera durablement le territoire.
L’entreprise se distingue notamment par sa volonté de maîtriser l’ensemble de la chaîne de fabrication. Elle s’équipe de laminoirs et de tréfileuses afin de transformer elle-même le métal livré par chemin de fer sous forme de « billettes » ou de « couronnes ». Cette maîtrise de la matière lui permet d’obtenir précisément les caractéristiques et la qualité recherchées pour ses productions.
Cette recherche d’autonomie va encore plus loin : pour rester à la pointe de sa spécialité, Grousset conçoit et fabrique ses propres machines. L’objectif est double : améliorer constamment les rendements tout en maîtrisant les coûts de production.
Cette intégration progressive de toutes les étapes du processus industriel constitue l’une des clés de la réussite de Grousset et prépare l’entreprise à devenir, quelques décennies plus tard, une référence mondiale dans la fabrication de l’écrou.
1964 — Grousset, au sommet de son histoire industrielle avec plus de 5 millions d’écrous produits par jour
Forte de la maîtrise complète de son processus de fabrication, Grousset s’impose progressivement comme une référence mondiale dans la production d’écrous. À son apogée, son site industriel de Saint-Just-sur-Loire s’étend sur plusieurs hectares et compte près de 15 000 m² de bâtiments couverts.
Les années 1960 marquent véritablement l’âge d’or de l’entreprise. En 1964, les établissements Grousset emploient 338 personnes et transforment près de 15 000 tonnes de métal. Cette même année, la production atteint 1,3 milliard de pièces.
La puissance industrielle du site se mesure également à un chiffre spectaculaire : les ateliers sont alors capables de fabriquer jusqu’à 5,5 millions d’écrous par jour.
Une part importante de cette production, environ 40 %, est destinée à l’industrie automobile, alors en plein essor. Mais le savoir-faire de Grousset dépasse largement les frontières françaises. Les écrous produits à Saint-Just-sur-Loire sont expédiés vers de grands centres industriels internationaux, notamment Chicago, Détroit, Milan ou Stuttgart.
À l’aube des années 1970, cette présence auprès des grandes industries françaises et étrangères témoigne du rayonnement exceptionnel acquis par l’entreprise. Depuis Saint-Just-sur-Loire, Grousset est devenue l’une des grandes signatures industrielles françaises de l’écrou, reconnue bien au-delà des frontières nationales.
15 000 m² d’ateliers • 338 salariés • 15 000 tonnes de métal • 1,3 milliard de pièces en 1966 • jusqu’à 5,5 millions d’écrous par jour
Les générations Grousset
Jacques Grousset, puis Paul Grousset et Martine Grousset, épouse de Jean Petit de Chemellier, ont successivement participé au développement de l’entreprise familiale. Dans les années 1970, après la mort de son père Paul Grousset, Martine Grousset reprend l’entreprise et poursuit notamment son développement international, particulièrement avec la Chine, jusqu’aux années 1990.
Aujourd’hui — Transmettre la mémoire
La Fondation Grousset a vocation à préserver, documenter et transmettre la mémoire de cette aventure industrielle, familiale et humaine.
Du métal brut à l’écrou fini
Derrière chaque écrou Grousset se trouvait une chaîne de savoir-faire industriels : réception des matières premières, laminage et étirage du métal, forgeage à chaud, usinage, filetage, contrôle et expédition. Les archives de l’entreprise témoignent de la technicité des ateliers et du travail des femmes et des hommes qui ont participé à cette production.






